Des nouveautés technologiques permettent de rendre le chauffage au bois beaucoup plus propre pour l’environnement et plus sécuritaire, avec notamment les nouveaux poêles et chaudières extérieures à double combustion certifiés “EPA”.Charles Lemay, le conférencier invité de l’atelier Boisés Est du 21 novembre dernier, a parlé de rendement et d’efficacité, de sécurité et d’environnement des appareils certifiés de chauffage au bois. Ces appareils évolués ont le potentiel de redonner au chauffage au bois, ses lettres de noblesse. 

 

M. Lemay a déjà œuvré à un laboratoire de test de poêles à bois qui existait à Plantagenet, dans l’Est de l’Ontario. Avec l’expérience qui avait été acquise, le groupe a écrit un manuel du chauffage au bois, maintes fois réédité, qui était la référence pour la sécurité et l’efficacité, avant que ces domaines ne soient récupérés par l’ACNOR et Ressources Canada.

Avec la technologie des poêles certifiés EPA (ou à la norme canadienne CSA/B415.1), beaucoup moins de particules sont rejetées dans l’air environnant et la combustion de la créosote – ce sous-produit naturel de la pyrolyse de tous les types de bois lors de la combustion – est plus complète, ce qui fait en sorte que plus d’énergie calorifique est extraite du bois.

Ces appareils certifiés ont des cotes d’efficacité énergétiques de 60 à 80%, alors que les anciens appareils au bois ne dépassent guère les 40-60%, et cela en gérant la température de combustion de façon intensive.

Donc, moins de bois est requis pour chauffer sa résidence, une économie qui peut aider à payer pour un poêle à bois dont le prix est plus élevé par rapport aux poêles à bois qui ne sont pas certifiés EPA (par l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis).

Contrairement aux modèles certifiés, les poêles à bois plus anciens n’ont pas la capacité de brûler aussi complètement les gaz qui composent la créosote, car ils ne sont pas munis d’un réseau de tubulures criblées de petits trous par où de l’air frais surchauffé est giclé sur le dessus de la chambre de combustion. Cela crée effectivement une deuxième étape de combustion et les produits de décomposition du bois sont alors brûlés plus complètement.

La créosote non brûlée dans un poêle (ou une fournaise au bois extérieure) ne donne pas son énergie, et se condense plutôt sur les parois froides des cheminées ou dans le voisinage. Ces dépôts semblables au goudron sont souvent la cause de feux de cheminées, lorsqu’ils s’enflamment, rappelle M. Lemay. Il y a alors des risques accrus d’endommager la cheminée, voire même de déclencher un incendie de maison.

Réduire la pollution et le smog
Déjà, des villes canadiennes ont banni le chauffage au bois, parce qu’il serait responsable de causer un smog hivernal qui dégrade la qualité de l’air humide et lourd, avec les conséquences sur la santé des gens qui souffrent d’asthme et d’autres problèmes pulmonaires. L’interdiction de la Ville de Montréal, en outre, couvre n’importe quelle nouvelle installation de chauffage au bois, et pas seulement les anciens modèles plus polluants.

Il est vrai que l’air hivernal dans les villages où plusieurs se chauffent au bois, devient souvent irrespirable, tellement il y a de la fumée de foyer au sol.

Aux États-Unis, il n’est désormais possible d’acheter que les nouveaux modèles de fournaises ou de poêles moins polluants (mais bien plus chers) qui portent la certification de l’EPA. Le gouvernement du Québec examine aussi l’opportunité de réglementer au niveau provincial l’achat des nouveaux appareils de chauffage au bois, qui devraient être certifiés.

Est-ce que cela viendra en Ontario? Cela dépendra sans doute du niveau de pollution hivernale que causeront les anciens chauffages au bois dans les villages et aux abords de villes… et de la puissance du lobby des organismes qui prônent l’air pur.

Autre risque du chauffage au bois : le monoxyde de carbone
Un autre risque du chauffage au bois est le monoxyde de carbone, qui est surtout présent durant la dernière phase de combustion du bois, lorsqu’il ne reste que des braises rougeoyantes.

À cette étape, précise M. Lemay, un renversement de la cheminée est très facile et les gaz sont alors inodores et difficilement détectables, à moins d’avoir un détecteur en bon état de fonctionnement.

Les renversements de cheminées, lorsque de l’air froid descend par la cheminée et sort par le poêle, sont plus fréquents que l’on puisse croire. Il faut chercher les causes, dont les coupables sont souvent les hottes culinaires ou les aspirateurs centraux, dont la puissance à sortir de l’air dehors la maison sont à ne pas négliger.

Comme le dit Charles Lemay, on ne devrait même pas se rendre compte que vous chauffez au bois. Si c’est le cas, c’est qu’il y a des choses de mal réglés sur le système.

Source:www.lavoieagricole.ca